*** Les espèces en danger ***

*** Les espèces en danger ***
La destruction des habitats

Cependant, la principale menace qui pèse sur les mammifères actuels est celle de l'environnement moderne. Le destruction des habitats est parmi les pires : les toundras arctiques, les îles, les marais côtiers, les prairies et les forêts tropicales humides disparaissent. Tous les écosystèmes terrestres sont maintenant altérés par des barrages de cours d'eau, des coupes de bois, le drainage des terres humides, l'installation de pipelines, des pâturages pour le bétail, des constructions de routes à grande circulation et de villes toujours plus vastes. Les mammifères perdent rapidement leurs refuges, la nourriture, l'eau et l'espace libre.
Ce qui se passe dans la forêt amazonienne est l'exemple le plus effrayant. Le taux de disparition sera plus élevé que partout ailleurs sur terre du fait que cet écosystème abrite la moitié des espèces vivantes du globe.
Le bassin de l'Amazonie est si vaste (6.000.000 de kilomètres carrés), si apparemment fertile, si vert qu'il paraît un paradis inépuisable. Plusieurs pays d'Amérique latine qui se le partagent tentent de le coloniser. Le Brésil est en tête. Son gouvernement a construit la Grande Route Transamazonienne et de nombreuses voies en vue de fixer des millions de paysans pauvres en bordure. Ces colons ont chacun coupé et brûlé une petite surface de la forêt pour planter du riz, du poivre, des bananes et du cacao. Quand les plantations des colons entaillent la jungle, les habitats des jaguars, des singes hurleurs, des perroquets écarlates et d'autres animaux de la forêt humide, se fragmentent et rétrécissent.
Maintenant, le gouvernement brésilien préconise de grands élevages de bétail et des plantations de bois d'½uvre ou de palmiers. La majorité d'entre elles appartiennent à des entreprises multinationales et couvrent des milliers d'hectares. Quand la forêt humide est défrichée, des incendies gigantesques brûlent pendant des semaines. En fait, le plus grand feu du à l'homme jamais observé (détecté par satellite) était le fait d'une multinationale pour préparer des pâturages.
On estime que dans le monde, 20 hectares en moyenne de forêt humide sont brûlés ou bouleversés chaque minute ; ce qui fait chaque année une surface équivalente à celle de la Grande-Bretagne ! Déjà 37% de la forêt tropicale humide d'Amérique latine a été convertie en écosystèmes moins productifs ; on en compte 38% dans le sud-est asiatique et 52 % en Afrique.
Une autre forme de destruction de l'habitat se manifeste dans le nord et l'ouest de l'Afrique. Le Sahel est en voie de désertification rapide. A cause du surpâturage des animaux domestiques, de la faiblesse des pluies et de la surpopulation, le désert du Sahara empiète furtivement sur les savanes. On estime que 250.000.000 d'hommes ont été récemment frappés par la sécheresse, en même temps que leurs troupeaux et que les gazelles, antilopes, guépards et addax sont morts de soif.



Des menaces de tous les côtés


De nombreux abus commis envers l'environnement affectent indirectement les mammifères tels que les pluies acides, la pollution des eaux douces et salées et la dégradation des sols.
Nous n'avons aucun moyen de savoir combien de mammifères ont été malades ou sont morts après avoir bu de l'eau souillée, mangé des plantes qui poussaient sur des terres contaminées ou vécu dans des océans pollués par des produits toxiques et des déchets nucléaires. Des recherches sur le chevreuil entreprises dans une forêt d'État polonaise sous le vent d'une grande ville sidérurgique ont mis en évidence des déformations dans la croissance des bois et une diminution de la fécondité. Les naturalistes supposent que les chevreuils se nourrissent d'une végétation exposée aux pluies acides et contenant des traces de métaux toxiques provenant des aciéries. On sait que les rennes de Laponie sont devenus radioactifs après l'absorption de lichens contaminés après les pluies qui ont suivi le désastre nucléaire de Tchernobyl.
Le réchauffement du globe surgit comme un nouveau facteur de danger. De plus en plus de gaz carbonique et de méthane pénètrent dans l'atmosphère à la suite des incendies tropicaux et de la combustion des huiles fossiles. La boite de Pandore des changements climatiques nous réserve des températures plus élevées, des tempêtes plus violentes, une élévation du niveau de la mer et des pluies torrentielles à des latitudes inhabituelles. Quelques mammifères seront capables d'émigrer pour trouver des cieux plus cléments et quelques-uns s'adapterons. D'autres seront choqués et succomberons. Le réchauffement du globe pourrait causer le plus grand spasme d'extinction qui ne se soit jamais produit.


L'introduction d'animaux exotiques dans les écosystèmes établis, pour l'alimentation, ou la chasse, constitue une autre menace pour la faune indigène. Les espèces étrangères peuvent non seulement apporter et répandre des maladies ou des parasites insoupçonnés, mais ils peuvent aussi être plus aptes à survivre que les résidents et connaissent souvent une explosion de leur population. Une compétition féroce s'instaure qui peut détruire la faune locale.
Toutes sortes d'activités humaines, y compris la recherche scientifique et les essais de cosmétiques et de médicaments variés, continuent à détruire la vie sauvage. Les guerres sacrifient d'innombrables mammifères et leur exploitation pour la mode fait de même.



Photo : Un tamarin-lion doré d'Amérique du Sud
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# Posté le samedi 14 janvier 2006 14:07

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 16:04

*** L'histoire de 5 espèces ***

*** L'histoire de 5 espèces ***
Pour illustrer les dangers auxquels les mammifères sont exposés, voici 5 exemples pris sur terre, dans l'air et dans la mer. Ces 5 espèces figurent toutes dans le Livre rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature.


Le loup à crinière

Dans les pampas sèches et herbeuses de l'Argentine, du Paraguay et du Brésil, erre le loup à crinière. Il ressemble à un chien sauvage monté sur échasses, avec des oreilles de 18 centimètres, des chaussettes noires et une « cape » noire sur les épaules. Pesant environ 20 kilos, il est de la taille d'un loup, mais en fait, c'est un renard.
Les loups à crinière peuvent parcourir plus de 30 kilomètres par nuit sur leurs longues pattes et chassent surtout les pacas, les rongeurs, les lapins et les oiseaux. Ils sont chassés par les pourvoyeurs de zoos et les populations locales pour les propriétés qu'on leur attribue. Au Brésil, on croit que certaines parties du corps ont une valeur médicinale et que l'½il gauche, s'il est arraché à un animal vivant, porte chance.
Ces diverses pratiques s'ajoutant aux parasites et aux maladies, font qu'il ne reste plus que maximum 2.000 loups à crinière aujourd'hui.

# Posté le jeudi 19 janvier 2006 16:22

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 15:38

*** L'histoire de 5 espèces ***

*** L'histoire de 5 espèces ***
Le bison américain

Le bison américain et son très proche parent, le bison d'Europe (une sous-espèce), ont été proches de l'extinction dans les 100 dernières années. Autrefois, leur nombre dans les prairies américaines était estimé de 50 à 60.000.000 ! Une mer de dos noirs...
Une migration de bisons était considérée comme le plus grand spectacle naturel jamais vu. Les indiens des plaines dépendaient largement du bison, ou buffalo comme on l'appelait, et le révéraient. Ce fut l'arrivée des Européens qui faillit éliminer ces bêtes de presque 1 tonne.
Des chasseurs professionnels massacrèrent les bisons par milliers pour la peau et la viande. Buffalo Bill dénombra une fois 4.280 animaux tués par lui seul en 1 an. Les chemins de fer dans leur marche vers l'ouest contribuèrent également à la destruction du bison. Les passagers des premiers trains prenaient les bisons pour cible, simplement pour passer le temps.
Le bison avait presque disparu des Etats-Unis vers 1884, mais au dernier moment, on créa des réserves et les quelques survivants furent protégés. Il y en a maintenant plusieurs milliers dans le parc de Yellowstone et le Wood Buffalo National Parc, le refuge pour la vie sauvage des montagnes de Wichita et quelques autres. Mais comme les animaux sont confinés dans ces réserves, il y a peu d'échanges de gènes. La consanguinité et la perte d'espèces affecteront sans doute l'espèce. Le bison est peut-être « sauvé », mais les gigantesques troupeaux ne martèleront plus les plaines dans un bruit de tonnerre.
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# Posté le jeudi 19 janvier 2006 16:24

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 16:01

*** L'histoire de 5 espèces ***

*** L'histoire de 5 espèces ***
La baleine à bosse

Le sort de la baleine à bosse est un exemple frappant d'exploitation. Autrefois, on comptait 100.000 de ces baleines aux fanons de couleur noire longues de 19 mètres. En 1960, il en restait 6000.
On avait chassé les baleines depuis des siècles. Les pêcheurs norvégiens sculptaient des os de baleine il y a 4.000 ans et les Esquimaux en mangeaient depuis 3.500 ans au moins. Mais l'industrie baleinière, le vrai coupable, débuta dès le Xème ou XIIème siècle. Les baleines étaient chassées pour leur viande, leur huile et leurs fanons.
Les baleines à bosse étaient une des espèces les plus faciles à capturer, c'est pourquoi on les harponna par centaines. Tant que les baleiniers utilisèrent de petits bateaux et tuèrent et écorchèrent à la main, les baleines eurent une chance. Mais quand apparurent les grands navires-usines avec sonar, hélicoptère, canons lance-harpons et traitement à bord, les baleines étaient condamnées.
En 1946, une Commission baleinière internationale fut créée pour réglementer la chasse. Quelques nations n'en tinrent pas compte. En 1973, une loi des Etats-Unis concernant les mammifères marins interdit de capturer ces animaux et de commercialiser leurs produits, sauf par les peuples indigènes. En même temps, une conférence des Nations Unies sur l'environnement humain établit un moratoire de 10 ans pour l'ensemble du monde. La commission n'observa pas ce règlement. Finalement, grâce à l'intervention de nombreux scientifiques et à la mobilisation du public, un boycottage de tous les produits baleiniers prit effet en 1986. Des groupes de conservation comme Greenpeace et la campagne « Sauver les baleines » ont aidé à la connaissance et au respect des cétacés.
C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que des baleines ont été protégées.
Pourtant, le Japon, l'Islande et la Norvège continuent à capturer des baleines sous prétexte de recherches scientifiques et 95% des baleines à bosse ont disparu.

# Posté le jeudi 19 janvier 2006 16:27

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 15:37

*** L'histoire de 5 espèces ***

*** L'histoire de 5 espèces ***
Les renards volants

Les chauves-souris constituent presque le quart des espèces de mammifères. Parmi elles, les 173 espèces différentes de renards volants sont les plus fascinantes. La plus grande chauve-souris du monde est le renard volant de Samoa qui a presque 2 mètres d'envergure. Puisque ces chauves-souris se nourrissent de fleurs et de fruits, de nectar et de pollen, elles se servent pour trouver leur nourriture plus de leur vue perçante et de leur odorat que de l'ouïe.
En Malaisie et en Indonésie, ces créatures discrètes, aux grands yeux lumineux et à la face de chien sont chassées pour leur chair, considérée comme une friandise. On pense aussi qu'elle guérit l'asthme. Un chasseur muni d'un fusil moderne peut détruire une colonie d'un millier de renards volants en un court laps de temps. Toutefois, quelques chauves-souris ne seront que blessées ou il y aura de jeunes orphelins. Ils se traînent alors à l'écart pour mourir et ne seront jamais ramassés ou utilisés.
Les plantes de l'Ancien Monde ont besoin des chauves-souris frugivores pour la dispersion et la pollinisation. Ces « plantes à chauves-souris » fournissent à l'homme plus de 450 produits utiles, tels que la teinture noire pour les paniers, des fruits délicieux, le kapok, du fusain et des médicaments. En Afrique occidentale, le renard volant disperse les graines de l'iroko, arbre qui est à la base d'une industrie de 100.000.000 de dollars par an.
Mais les renards volants sont en diminution ; ils ont même disparu de nombreuses îles incluant Guam, la chaîne des Mariannes, Yap, Samoa, Rodrigues et les Seychelles. La destruction de leurs habitats par l'agriculture et la récolte du bois de chauffage sont la principale menace qui pèse sur l'espèce.

# Posté le jeudi 19 janvier 2006 16:30

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 15:37